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Qu'est-ce du logiciel libre ?

Du logiciel libre signifie des choses différentes pour différentes personnes.  En plus, en anglais il y a une difficulté supplémentaire qui n'existe pas en français: libre est traduit comme "free", mais "free" peut aussi dire "gratuit" dans la langue de Shakespeare.  Ainsi, du logiciel "free" peut vouloir dire "du logiciel qu'on ne doit pas payer", mais qui ne veut pas nécessairement dire que son utilisation est libre.  Cette confusion n'existe pas en français, mais comme l'influence anglophone dans le monde informatique est importante pour ne pas dire dominante, il y a parfois une confusion entre "logiciel libre" et "logiciel gratuit". 

Depuis la deuxième moitié des années 1970, avec la venue des ordinateurs grand public et le potentiel lucratif que cela représentait, beaucoup de producteurs de logiciels ont vu l'opportunité de faire du lobbying auprès de leurs pouvoirs législatifs pour entériner des lois plutôt restrictives et répressives concernant l'utilisation et le partage de listes d'instructions d'ordinateur (logiciel, donc).  Le système légal s'est conformé dans beaucoup de pays aux exigences de ces distributeurs de logiciel qui ont obtenu le droit d'imposer énormément de restrictions auquel toute personne désirant faire exécuter une liste d'instructions ordinateur doit se conformer, sous peine de condamnations très sévères.  Ces listes de conditions restrictives s'appelle en anglais la EULA ("End User License Agreement").  Souvent, une des conditions est de payer une somme d'argent (une seule fois, ou régulièrement, par an) au distributeur du logiciel et auteur des EULA, mais cette condition peut être absente.  Alors. nous parlons d'un logiciel gratuit, mais pas libre.  Un logiciel soumis à une EULA s'appelle du logiciel propriétaire.

Il y a eu une réaction contre ce système légal restrictif en distribuant explicitement du logiciel qui n'est pas soumis a une EULA restrictive sur son utilisation, et pour lequel le partage et la redistribution est encouragé.  Mais le statut légal de ces logiciels libres n'est pas unique.  Il y a un spectre entier de possibilités légales du logiciel libre.  Ainsi, le terme "logiciel libre" inclut toute une gamme de positions légales.  Mais tout logiciel libre a un point en commun: vous êtes parfaitement libre de l'utiliser sur vos ordinateurs comme bon vous semble.  L'utilisation de tels logiciels n'a pas de restrictions du style EULA sur son usage ou le fait d'en faire des copies.

La gamme légale des logiciels libres utilises le cadre législatif qui était fait pour imposer le respect des EULA "à l'envers", en imposant des obligations de redistribution libre du logiciel et/ou ses modifications, et ces obligations de distribution sont variables.  Le plus permissif est le "freeware".  Vous êtes parfaitement libre de prendre un logiciel freeware et d'en faire ce que vous voulez: même du logiciel propriétaire.  C'est d'ailleurs ce qui était perçu comme un problème et c'est la raison pour laquelle des positions plus restrictives ont été inventés.  Sans doute la forme la plus restrictive est la GPL (Gnu Public licence).  Il n'y a pas la moindre ligne de code distribuée sous la GPL à laquelle vous allez pouvoir, un jour, coller une EULA à l'intérieur d'un autre logiciel que vous avez écrit autour.  Il y a des positions moins sévères, comme la licence Berkeley.  La licence GPL est considérée la plus "virale", mais toutes ces restrictions (dans le sens inverse) légales servent essentiellement à éviter ce qui avait été observé avec le freeware: la transformation du freeware en logiciel propriétaire et la perte de la liberté d'utilisation que ce freeware avait initialement. 

En d'autres termes, même si la plupart des logiciels libres aujourd'hui sont mis sous licence (en utilisant la même machinerie légale que celle qui a été mise en place pour imposer le respect des EULA), leurs conditions de licence n'imposent jamais de restrictions, ni sur l'utilisation, ni sur la redistribution de copies intégrales.  Les seules restrictions sont sur le fait de vouloir imposer des restrictions sur du logiciel contenant ce code licencié, et ces restrictions sont de degré variable.  A l'intérieur de la communauté du logiciel libre, il y a des "guerres religieuses" concernant quelles sont les termes exactes sous lesquels il faudrait publier le logiciel libre, mais dans la pratique, tant que vous n'essayez pas de changer du logiciel libre en logiciel propriétaire, vous pouvez en faire ce que vous voulez - c'est le principe du logiciel libre.

Logiciel Open Source

Même si les logiciels open source et les logiciels libres sont dans la pratique, les mêmes, les deux concepts sont différents en principe.  On pourrait très bien avoir du logiciel propriétaire open source, et du logiciel libre qui n'est pas open source, mais dans la pratique ça ne se voit pas.

Du logiciel open source veut dire qu'en principe l'utilisateur du logiciel ne reçoit pas seulement le code binaire exécutable qu'il peut faire tourner sur son ordinateur, mais aussi le code source que le développeur a écrit.  Ceci donne la possibilité technique à l'utilisateur de:

  1. inspecter comment fonctionne le logiciel, et ce qu'il fait exactement.  C'est à dire, savoir ce que l'ordinateur fait exactement quand on exécute le logiciel.
  2. Reconstruire (recompiler) le logiciel, peut-être en optimisant le code binaire pour son installation spécifique.
  3. Modifier, améliorer, adapter le logiciel à son besoin spécifique (fabriquer un logiciel très similaire avec quelques modifications dans son fonctionnement).

Comme la plupart des logiciels propriétaires vous interdisent exactement cela dans leurs EULA, il n'y a presque pas de logiciel propriétaire "open source".

D'un autre coté, la plupart du logiciel libre est distribué avec son code source.  Plusieurs licences de logiciel libre imposent même de rendre disponible le code source si vous voulez distribuer ou modifier le logiciel.  Là encore, la licence la plus sévère est la licence GNU.  Le freeware ne devait pas être distribué avec son code source, et souvent, il ne l'était pas: un logiciel binaire était mis à disposition, et vous en faisiez ce que vous vouliez.

F(L)OSS

La plupart des logiciels libres sont à la fois libre et open source, et il y a un acronyme: FOSS (Free Open Source Software).  Comme en anglais, il y a une ambiguïté sur le mot "free" parfois on le spécifie avec FLOSS: Free Libre Open Source Software.  

C'est ce genre de logiciel pour lequel ENTROP-X peut fournir éventuellement du conseil, pour plusieurs raisons.  Pour une petite entreprise, il n'y a pas de risque d'avoir par mégarde des difficultés légales en vendant du conseil, ce qui peut être le cas avec du logiciel propriétaire.  Il n'y a pas de problèmes de licence en faisant des expériences, et en donnant des formations.  Facilement on peut envisager tout un spectre de logiciels pour résoudre un problème s'ils sont libres ; avec du logiciel propriétaire, on est souvent réduit à quelques options et versions (car il faut des licences pour chaque cas).  Finalement, il y a plus d'opportunités pour vendre du conseil et enseigner dans le FLOSS plutot que avec des logiciels propriétaires, qui ont souvent leur réseau fermé mais bien organisé de support et de formation.

En plus, nous sommes de l'avis que dans les aspects dans lesquelles ENTROP-X est particulièrement investi, à savoir la sécurité et la cryptographie, le code open source est en principe supérieur dans le sens que le code open source permet, au moins en principe, à voir ce que le code fait réellement.  On peut se dispenser d'un niveau de confiance: il ne faut pas faire confiance que ce que fait le code binaire réellement est totalement différent de ce que son distributeur prétend qu'il fasse (ainsi que le distributeur des logiciels propriétaires utilisés par le distributeur, et les distributeurs des logiciels propriétaires utilisés par les distributeurs des logiciels propriétaires utilisés par le distributeur, etc...)

En matière de sécurité et cryptographie, il n'y a en fait, pas d'autre option sérieuse à part le FLOSS.